jeudi 15 septembre 2016

mardi 1 septembre 2015

Den Sorte Skole ¤ III


Pour accueillir cette rentrée avec une contrition moindre - quelle barbe tout de même - braquons les projecteurs sur le collectif de Djs "Den Sorte Skole", ce qu'on peut traduire par "L'Ecole Noire" en français, ou encore " The Black School" si tu veux te la raconter en anglais.
Comme l'indique l'image sobre et immaculée ci-dessus, c'est déjà le troisième projet du genre que présente ce trio danois, après deux précédents avatars en 2005 et 2008. Sorti au printemps 2013, il propose cette somptueuse pochette deep black (sic) dont le lettrage blanc caractérise la seconde édition (non numérotée) de mars 2014. Difficile d'imaginer à l'avance ce que renferme ce mystérieux écrin s'ouvrant en triptyque, mais on peut s'attendre à du deep bien lourd - sans blague.
Cette pièce de choix comprend vingt-cinq morceaux répartis sur six faces, mais la continuité de l'ensemble rend ce découpage totalement fantôme : ce n'est rien moins qu'une pièce en six actes, à découvrir dans l'ordre de son choix. Le résultat, aussi fourmillant qu'inclassable, baigne dans l'expérimental accessible, offrant des tonalités folkprogpsyché et même électro (formidable face E), mais assez peu de grooveLa douceur des introductions incite à une écoute calme, et laisse l'auditeur parcourir et développer son monde intérieur en toute quiétude ; l'apaisement est au bout de chaque face… Les longues compositions, aux différences plus subtiles que franches, sont construites avec un soin admirable ; on emprunte l'ascenseur émotionnel plus d'une fois, et sans effort !
En vérité, c'est surtout la manière qui étonne et mérite même une révérence, puisque ce projet n'est constitué que de cassettes et de disques déjà parus. Ultimate bootleg… Les auteurs s'en expliquent longuement dans un épais livret - noir lui aussi - se terminant par un listing exhaustif des ingrédients de ce travail d'orfèvre, preuve définitive - si besoin était - du sérieux de l'entreprise. Après cela, comment peut-on encore oser nous rabattre les oreilles avec l'éreintant débat "CD vs Vinyl" ?!?
En pages centrales du livret, plusieurs colonnes de commentaires décrivent les morceaux un par un, énumérant des informations consistantes sur les références les plus obscures apparaissant dans le mix. Doji MoritaEgil Kapstad, LaghoniaAsha BohsleSermonizerCo-MixWaldjinah, Günter Maas… voilà des noms qu'on ne rencontre vraiment pas souvent, voire jamais, et encore moins ensemble ! Le remarquable éclectisme de la sélection, tout à l'honneur de ces Ecoliers nordiques, garantit une infinité de portes d'accès à cet univers musical stricto sensu : tous les goûts sont permis… A chaque écoute, y compris la première, une saine sensation de familiarité s'immisce discrètement et capte irrémédiablement l'attention. Très objectivement, il semble impossible de résister à l'envie d'écouter toutes les faces, encore plus de ne pas aimer ces véritables cathédrales sonores. Parole.
Au final, une telle diversité a de quoi étourdir, autant que le télescopage savamment contrôlé de musiques aussi variées : aucun style ne semble avoir été oublié sur la période balayée (a priori 1944-1995). Certains artistes apparaissent à plusieurs reprises (AreskiYoung-Holt UnlimitedEgisto MacchiLes Baxter…) et on constate une forte proportion de musiques du mondesavantes et de library. A raison d'une quinzaine d'échantillons par morceau, on dépasse allègrement les trois cents références : il est naturel d'en reconnaître quelques-uns. Néanmoins, l'intérêt de cette œuvre atypique ne saurait se limiter à un simple grillage de samples, et force plutôt le respect par sa cohésion, sinon sa poésie.


PS : Vifs remerciements à la boutique Plexus Records pour cette magnifique découverte !

mercredi 1 juillet 2015

Philip Catherine ¤ Stream


En 2015, même le moins informé des amateurs de rare groove connaît Placebo. Mais maintenant que les trois albums de ce groupe mythique ont été officiellement réédités, on pourrait peut-être passer à autre chose ? D'autres musiciens talentueux ont proposé des travaux tout aussi excitants : George Jinda dans Speed LimitIan Carr avec Nucleus, Volker Kriegel et le Mild Maniac Orchestra... est-ce qu'on en parle autant ? Les découvertes qui s'écartent du commun ont souvent plus de saveur, le bon digger le sait mieux que quiconque (à l'inverse du mauvais digger, cela va sans dire).
Eh bien non, malgré tout, ça ne s'arrête pas. Peine perdue, il y aura toujours quelqu'un pour la ramener avec du PLACEBO RARE EURO GROOVE SAMPLES… Parce qu'après de nombreux bootlegs, après les exhumations de side-projects ou d'avatars tous moins connus les uns que les autres (The J.J. Band, Plus, Solis Lacus…), le "laboratoire" de Marc Moulin demeure une référence fermement incontournable : qualitativement bien sûr, mais aussi par le taux de sampling ou de relecture de son œuvre toujours aussi élevé, bien que tout ait été rabattu sur le sujet depuis environ deux décennies.
Involontairement influent, Placebo étonne surtout par la contemporanéité (sic) de sa griffe, qui s'est invitée dans quasiment tous les revivals depuis que la musique a cessé d'engendrer de nouveaux courants, et dont la patine semble proprement indémodable désormais. Perf' !
Au nombre des piliers de la bande à Marc Moulin, un nom se démarque : celui de Philip Catherine (avec un 'C', ne pas confondre…), formidable guitariste à la carrière exemplairement dévouée au jazz, ponctuée d'innombrables rencontres et de concerts enthousiasmants. La discographie du bonhomme est évidemment très fournie, mais s'avère quelque peu inégale de par ce foisonnement. Curieusement (ou pas ?), son premier album "Stream" n'a jamais connu de réédition à ce jour, bien qu'il soit d'excellente facture et qu'il apparaisse, au moins chronologiquement, comme le chaînon manquant entre "Ball of Eyes" et "1973". On est toutefois plus proche du premier cité vu la période d'enregistrement (1970-71), ce que l'écoute vient confirmer.
Choisi comme single, le morceau d'ouverture du LP "Memphis Talk" (mal orthographié sur la pochette du 45t…) est un groove en slow mo plutôt percutant : thème accrocheur joué à l'unisson par les cuivres et la guitare, backbeat très appuyé. Le premier chorus revient naturellement au leader, qui passe bientôt le relais au trombone (l'excellent Jiggs Whigham) sans que l'énergie ne faiblisse pendant ces quatre minutes. Gros track !
En face B du 45, on aurait pu avoir "Jeux Interdits", dont la mélodie connue de tous pouvait sans doute permettre d'écouler pas mal d'exemplaires, surtout en province… histoire d'en trouver plus souvent en vide-grenier, quoi. Las… Peut-être le traitement aventureux (tempo malmené et grosse disto au milieu) infligé au thème de Narciso Yepes a-t-il rebuté les commerciaux de Warner France - encore que Hendrix avait fait pire avec l'hymne américain Bref, c'est "Un Ecossais dans un Chambre Noire" (nous ne comprenons pas ce titre) qui occupe le flip, et même si la conclusion rappelle effectivement Hendrix (d'assez loin tout de même), cette composition n'incite pas forcément à une réécoute immédiate. Dans un style voisin, mais plus réussi, "Foire" et "Cloître des Célestins", aux thèmes faussement naïfs (voix accélérées, ambiance de carrousel), sont finalement très originaux dans leur développement, plus poussé que pour le susdit flip (non, ce n'est pas une contrepèterie). Autres bons moments, le sympathique shuffle "Bass Line" ou l'inattendue et nerveuse reprise du "Give It Up or Turn It a Loose" de James Brown. Les cinq morceaux restants ("November", "C. & D.", "Stream", "Face", "Let's Put It Like This") portent l'évidente "signature" Placebo, et contribuent tout aussi activement à garantir l'étiquette "rare groove" de cet opus.
Cette signature se perçoit tant par la production d'ensemble que par certains gimmicks récurrents (mélodies et rythmiques fouillées, sons de claviers et arrangements de cuivres aux couleurs inattendues), récurrents car nous avons le recul pour cette appréciation bien sûr Ces caractéristiques sont des repères importants dans l'évolution du projet de Marc Moulin et ses acolytes, projet qui n'était pas limité à l'enregistrement d'albums exploratoires mais comprenait aussi concerts et collaborations dans des répertoires très vastement jazz.
Sur ce premier disque, Philip Catherine n'en fait pas (encore) des tonnes : il y aurait presque plus de guitares chez Placebo qu'ici ! Son empreinte transparaît surtout dans ses choix "techniques" : les réglages d'effets et l'attaque rythmique diffèrent selon les morceaux, ce qui au passage évite de se lasser lors d'une écoute intégrale du disque, et son phrasé se révèle clair et délié (l'influence certaine de Barney Kessel et Wes Montgomery). Ses improvisations concises sont à l'opposé des étalages "tégévesques" d'un John McLaughlin ou d'un Larry Coryell - que Catherine côtoiera finalement quelques années plus tard - mais ne sont pas pour autant mises en avant dans le mix. Ainsi le groupe (dont la rythmique est complétée par Freddy Rothier à la basse et Freddie Retonde à la batterie) n'est pas spécialement au service de la guitare, confirmant le sentiment d'écouter un disque de Placebo sous alias.


Homogène et agréable quoique inabouti, cet album de Philippe Catherine est au final bien plus captivant que les suivants sur Atlantic où le groove s'incline au nom de la tendance jazz-rock. Mais le grand intérêt de "Stream" est surtout d'offrir un instantané unique du groove instrumental européen du début des années 70, dont on a dit et redit qu'il n'a jamais existé commercialement, limitant drastiquement son rayonnement - d'autant plus en terre francophone hélas Mais heureusement, nous sommes là ! 

Oh Ye : plcb://www5.zippyshare.com/v/wVOnYgDl/file.html

dimanche 1 mars 2015

Jayme Marques ¤ The London Connection

Né au Brésil mais résidant en Espagne dès les années 60, Jayme Marques est, depuis les années 70 et le début (tardif) de sa discographie, une figure tutélaire de la musique européenne. Guitariste et arrangeur talentueux, il a su rapidement s'affranchir de la bossa nova dont il est un représentant de la deuxième génération, pour s'imposer sans coup férir sur des terrains jazz, free ou - évidemment - flamenco. Très apprécié en Angleterre dès ses apparitions live dans les années 80, Jayme Marques a vu sa popularité coïncider avec l'émergence du mouvement acid jazz - dérivé du jazzdance alors en vogue dans les clubs anglais. C'est ainsi que "The London Connection" fut produit, commande unique témoignant à point nommé de la qualité d'interprétation de Marques et ses acolytes. Paru sur le label fantôme Cedar Tree créé pour l'occasion - on ne retrace qu'un seul maxi paru peu après, cet album a toutefois été enregistré en Espagne, et hormis Marques tous les musiciens sont d'ailleurs espagnols.
Cette session homogène - et totalement classe - possède ses moments forts, comme l'introduction sérieusement groovy du classique "Berimbau" ou le chorus d'harmonica de Jose Luis Bustamente sur "Nana das Aguas", l'une des deux compositions de João Donato réinterprétées ici. Les interventions de Tito Duarte à la flûte ou au saxophone sont des plus sympathiques, et le leader assure sans forcer - même pas besoin !
Non indispensable puisqu'il n'apporte rien de nouveau au genre, ce disque est tout de même intéressant par l'ambiance qu'il dispense (franchement, QUI n'aime pas le jazz brésilien ??), voisine des productions du label Right Tempo par exemple, et du fait qu'il soit l'un des albums survivants de l'ère du CD, dont le jazz actuel est malheureusement prisonnier.

Smooth it : lndn://ezfile.ch/fu9gs0eq

lundi 15 décembre 2014

Dizzy Bats ¤ The Light and the Dark


Alors qu'on continue de gloser sur la suprématie du format vinyl en omettant d'en préciser les fondamentaux, à savoir qu'elle dépend tant du soin apporté à la production musicale - de l'enregistrement jusqu'au pressage test - que des procédés techniques de fabrication du disque lui-même (qualité des matières premières, réglage ad hoc de chaque machine faisant partie de la chaîne de production, rapport signal/bruit maîtrisé...), nous autres diggers attribuons surtout cette supériorité à la possibilité d'écouter des enregistrements uniques, rares, oubliés, inconnus, disparus. Chacun de ces qualificatifs est assez signifiant, mais ils peuvent à eux tous caractériser le même objet : dans ce cas c'est l'extase assurée.
C'est en Suisse, du côté de Neuchâtel, qu'il faut aller dénicher le mystérieux septet Dizzy Bats, dont l'excellent LP "The Light and the Dark" constitue la seule trace discographique. Petit pays + petite renommée + petit pressage : pas de doute, on est à fond dans le deep. Que demander de plus ?
Sur les huit titres que contient cet album arrivé dans les bacs au début de l'année 1976, sept sont issus du répertoire US jazz du moment, et les références visent assez haut : Gary Burton, Chick Corea, Wayne Henderson, Billy Cobham, Sonny Rollins, Stix Hooper, Weldon Irvine. Du TRES beau monde ! Le choix des morceaux (tous instrumentaux) est des plus inspirés, parole de jazzfunk addict, et pioche dans des albums sortis entre 1970 et 1973, en se référant à la plus ancienne version publiée. Interprétées fidèlement par des musiciens inconnus mais dont la virtuosité technique ne souffre d'aucune contestation, ces glorieuses compositions retrouvent une patine artisanale bienvenue. Non que cela constitue une franche redécouverte, mais le son artisanal du studio Max Lussi de Bâle ajoute en fraîcheur à ces thèmes qu'on reconnaît peut-être plus par le grain typique des productions des majors de l'époque que par le travail d'écriture, pourtant remarquable : "Le Lis" et "Liberated Brother" sont des classiques 70s affirmés et souvent cités, "Leroy the Magician" (qui a inspiré Bernard Lubat et Hervé Roy sur le disque "Vibrations") ou encore "What Game Shall We Play Today" (à l'époque chanté par Flora Purim, la compagne d'Airto Moreira) mériteraient de l'être autant. L'excellent morceau éponyme "The Light and the Dark" se hisse sans peine au même niveau que ces pépites. Il est composé par Philippe Bovet, qui avec François Borel - crédité sur la rare bande originale de "L'Oeil Bleu" - est le seul membre de Dizzy Bats dont on a pu retrouver trace par ailleurs. Cela n'enlève rien aux qualités des autres protagonistes, du saxophoniste au bassiste en passant par le batteur : ils prennent tous au moins un chorus sur l'album et s'en tirent admirablement, dans un esprit proche de l'œuvre jouée mais suffisamment distant pour se l'approprier, le tout sans faiblesse ni sur-étalage technique. En un mot, ce disque est une réussite, et pas seulement dans ce registre jazz groovy qui n'a finalement eu de réelle prise qu'en Allemagne et en Europe Centrale et du Nord - la France et l'Angleterre préférant le free jazz ou le jazz progressif. Quoi qu'il en soit, "The Light and the Dark" est un opus des plus agréables qui mérite de revoir enfin la lumière !

Sans plus attendre : dzbt://ezfile.ch/dpibno1v

mercredi 15 octobre 2014

Ben et sa Tumba ¤ Barclay EP 72.700 (1968)


Ce n'est pas un hasard si l'exotica, succédant au jazz déjà soigneusement laminé par les élites blanches, est devenu le courant musical en vogue au milieu des années 50, comprenez au crépuscule des politiques coloniales ayant soigneusement entretenu la condescendance des métropolitains envers toute culture préalablement soumise, éventuellement considérée au motif de ses velléités émancipatrices plutôt que par sa richesse potentielle. L'occidentalisation des musiques d'ailleurs s'est généralement effectuée sous le mode du divertissement, par l'incitation à l'évasion et au voyage ; ce traitement est alors une garantie facile et immédiate de respectabilité et de rentabilité, à l'aube de la production musicale de masse autant que du développement dramatique des transports. C'est aussi l'occasion d'un renouvellement esthétique pour les interprètes de ces musiques, traduit par une explosion de couleurs des décors, des vêtements mais aussi des humains, quand le jazz, la variété ou la musique classique demeuraient désespérément sobres. Confinant au burlesque aujourd'hui, à l'heure de la globalisation, le télescopage grossier des cultures perdure encore dans certains lieux immuables tels les cabarets, ou bien renaît sporadiquement le temps d'une mauvaise comédie ou d'un anniversaire hipster (si ce n'est pas la même chose), mais il n'y a plus vraiment lieu de s'indigner, au contraire. Ainsi chez Hanimex nous nous autorisons à pardonner un relatif manque d'authenticité, car nous aimons la légèreté des saveurs exotiques gentiment acidulées, et en général tout ce qui incite à l'épanouissement ensoleillé voire lascif.
Bien que d'origine algérienne, c'est en popularisant les rythmes afro-cubains que le chanteur et percussionniste Ben Bakrim a connu le succès. Il n'est pas imprudent d'affirmer que Ben a largement initié le philistin parigot à la magie des syncopes caribéennes. En témoigne sa discographie pléthorique entamée en 1955, en plein boom exotica : elle comporte près de trente EP sous le nom de Ben et sa Tumba (complété parfois de "son Orchestre"), tous parus chez Barclay en une quinzaine d'années seulement, période au cours de laquelle ce travailleur acharné était aussi directeur de l'orchestre du Lido. Les amateurs de rare groove connaissent surtout Ben pour son ultime - et magistrale - livraison discographique en 1971 sous le nom de Ben & the Platano Group, apogée paroxystique d'un parcours qui aura mis le temps à décoller, notamment faute de concurrence. Au fil des ans, Calypso, Boléro, Cha-cha, Mambo, Conga reviennent invariablement au programme, dans un ronronnement à peine troublé par quelques reprises de meilleure tenue, citons par exemple "Watermelon Man" ou "Soul Sauce" au milieu des années 60.
Antépénultième volume de cette prolifique série, le sympathique EP que nous présentons ici est paru fin 1968, et c'est un exemple parfait de joyeux cabotinage musical comme nous aimons en rencontrer, ainsi que le prouve le premier morceau "Cortate los Pelos Antonio", un jerk nerveuxBen tente de convaincre son pote Antonio (à la voix plutôt fluette) de se faire couper les cheveux... Ils parlent dans un espagnol de pacotille et ça amuse bien le franchouillard de base, mais au final ça donne un track efficace au milieu d'un set boogaloo. "Malika" qui complète cette face A est un boléro sans grand intérêt, et "Mazatlan" est un cha-cha mâtiné de guajira, au tempo plutôt lent lui aussi mais assez lyrique. Le dernier morceau "Te Chocolate o Cafe" (no comment) redonne un peu d'allant à l'ensemble, c'est un cha-cha classique où le contrechant du piccolo équilibre la voix, laissant la conclusion à l'orchestration qui, c'est assez rare pour être signalé, ne sent pas trop la naphtaline.
Moins rare, moins frénétique et certainement moins désirable que le dernier EP de Ben paru en 1969, "Jerk's Latino Americano" (bon courage si vous le cherchez), ce disque inédit par ailleurs est tout de même digne de figurer sur votre wishlist.

Easy latin lover stuff: latp://www99.zippyshare.com/v/OzTRYnNV/file.html

Une petite anecdote pour finir : Ben était surnommé 'Zouber' pour éviter la confusion avec son frère Ben Ahmed qui fut joueur puis entraîneur au Football Club des Girondins de Bordeaux.